L’accord du participe passé dépend de l’auxiliaire. Avec être, le participe passé s’accorde avec le sujet. Avec avoir, il s’accorde avec le complément d’objet direct (COD) uniquement quand celui-ci se trouve avant le verbe, et reste invariable dans les autres cas. Trois questions suffisent pour trancher : quel auxiliaire, quel type de verbe, où se trouve le COD.
Sommaire
Le guide s’appuie sur les synthèses de la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française (règles avec avoir et avec être) et sur la note d’information n° 22.37 de la direction de l’évaluation du ministère de l’Éducation nationale. Les sources ont été consultées le 27 octobre 2026. Les phrases d’exemple ont été écrites pour cet article.
Pourquoi le participe passé fait-il tant d’erreurs ?
Le participe passé est l’une des principales sources d’erreurs à la dictée. La note d’information n° 22.37 publiée par le ministère le 6 décembre 2022 montre que les élèves de CM2 commettent en moyenne 19,4 erreurs en 2021 sur une même dictée, contre 10,7 en 1987. La note précise que les difficultés relèvent surtout de la non-application des règles grammaticales.
Le détail par mot est parlant. Le participe « rentrés » est réussi par 66,7 % des élèves en 1987 et par 36,3 % en 2021. Le participe « vus » obtient 17,4 % en 2021, le taux le plus bas de toute la dictée. Parmi les dix mots les moins bien réussis en 2021, huit exigent un accord, d’après la même note (page du ministère).
Comment accorder le participe passé employé avec être ?
Avec l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde avec le sujet en genre et en nombre. La Banque de dépannage linguistique formule la règle ainsi : le participe passé s’accorde avec le sujet. Il suffit donc de repérer le sujet, de lire son genre et son nombre, puis de les reporter sur le participe.
- Les élèves sont arrivés en retard : sujet masculin pluriel, donc « arrivés ».
- La lectrice est partie à la bibliothèque : sujet féminin singulier, donc « partie ».
- Ses cousines sont restées au village : sujet féminin pluriel, donc « restées ».
Les verbes qui se conjuguent avec être sont peu nombreux : aller, venir, arriver, partir, entrer, sortir, monter, descendre, naître, mourir, rester, tomber, devenir et leurs composés, en plus de tous les verbes pronominaux. Attention, monter, descendre, sortir, rentrer et passer prennent avoir quand ils ont un COD : « Elle a sorti la voiture du garage ».
Comment accorder le participe passé employé avec avoir ?
Avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde avec le COD si ce COD est placé avant le verbe. Il reste invariable quand le COD vient après le verbe ou quand il n’y en a pas. La Banque de dépannage linguistique donne cette règle générale.
Pour trouver le COD, il suffit de poser la question « qui ? » ou « quoi ? » juste après le verbe. Dans « Les romans que j’ai lus », la question « j’ai lu quoi ? » donne « les romans », repris par le pronom « que » placé avant le verbe : le participe s’accorde. Dans « J’ai lu les romans », le COD suit le verbe : le participe reste « lu ».
| Phrase | COD | Place du COD | Accord |
|---|---|---|---|
| Les poèmes que Léa a recopiés sont courts. | que (= les poèmes) | Avant le verbe | Oui : recopiés |
| Léa a recopié les poèmes. | les poèmes | Après le verbe | Non : recopié |
| Léa a souri à son voisin. | Aucun | Pas de COD | Non : souri |
| Les pages qu’il a tournées étaient jaunies. | qu’ (= les pages) | Avant le verbe | Oui : tournées |
Comment accorder le participe passé des verbes pronominaux ?
Un verbe pronominal se conjugue avec être, mais la règle d’accord dépend du sens du verbe. La Banque de dépannage linguistique distingue quatre cas : les verbes toujours pronominaux, le sens passif, le sens réfléchi et le sens réciproque. Dans les deux derniers cas, une question aide : le pronom « se » est-il COD ou complément indirect ?
- Verbe toujours pronominal (s’absenter, se souvenir) : accord avec le sujet. « Elle s’est absentée un an. »
- Sens passif (le sujet subit l’action) : accord avec le sujet. « Ces villas se sont vendues facilement. »
- Sens réfléchi ou réciproque, pronom COD : accord. « Marie s’est levée très tôt. »
- Sens réfléchi ou réciproque, pronom complément indirect : pas d’accord. « Marie s’est lavé la tête. » ; « Marie et Lucie se sont téléphoné tous les jours. »
Pour reconnaître la fonction du pronom, il faut chercher s’il existe un autre COD dans la phrase. Dans « Marie s’est lavé la tête », « la tête » est le COD placé après le verbe : « se » est donc complément indirect, et le participe reste invariable. Dans « Marie s’est levée », il n’y a pas d’autre COD : « se » est COD, et le participe s’accorde.
Quels cas particuliers faut-il connaître ?
Quelques cas sortent de la règle générale. Les verbes impersonnels, d’abord, ont toujours un participe passé invariable, comme dans « Il a plu toute la journée ». Les autres cas relèvent de la nature du COD ou de la présence d’un infinitif, et chacun se vérifie avec une question simple.
- Pronom « l’ » qui représente une idée entière : participe invariable. « La situation est plus grave qu’on ne l’avait cru » (« l’ » reprend « que la situation est grave »).
- Pronom « l’ » qui représente un nom : accord avec ce nom. « Cette histoire, je l’ai racontée à tous. »
- Participe suivi d’un infinitif, pronom qui fait l’action de l’infinitif : accord. « Les enfants que j’ai vus jouer. »
- Participe suivi d’un infinitif, pronom COD de l’infinitif : invariable. « Les chansons que j’ai entendu chanter. »
- Verbe de quantité resté intransitif : invariable. « Les deux heures qu’il a dormi. » Devenu transitif : accord. « Les efforts que ce travail m’a coûtés. »
Dans « Les enfants que j’ai vus jouer », les enfants jouent : ils font l’action de l’infinitif, donc le participe s’accorde. Dans « Les chansons que j’ai entendu chanter », les chansons ne chantent pas, on les chante : le pronom est COD de l’infinitif et le participe reste « entendu ».
Comment accorder le participe passé suivi d’un infinitif ?
Avec avoir, le participe passé suivi d’un infinitif s’accorde avec le COD placé avant, seulement si ce COD fait l’action de l’infinitif. Dans « les enfants que j’ai vus jouer », les enfants jouent, donc vus s’accorde. Dans « les chansons que j’ai entendu chanter », les chansons ne chantent pas, donc entendu reste invariable.
Le participe passé fait suivi d’un infinitif reste toujours invariable : « Elle s’est fait couper les cheveux ». Pour laissé, les Rectifications orthographiques de 1990 tolèrent aussi l’invariabilité. Les participes dû, pu, voulu, cru et su restent invariables quand l’infinitif est sous-entendu : « Il a fait tous les efforts qu’il a pu (faire) ».
Quels participes passés restent invariables ?
Avec avoir, le participe passé reste invariable dans trois cas : le COD est « en », le COD est le pronom neutre « le », ou le verbe est impersonnel. Exemples : « des pommes, j’en ai mangé », « elle est plus grande que je l’avais cru », « les orages qu’il y a eu ».
| Cas | Exemple | Explication |
|---|---|---|
| Verbes de mesure au sens propre | Les trois euros que ce livre a coûté | Coûté exprime un prix, il n’a pas de vrai COD |
| Même verbe au sens figuré | Les efforts que ce travail m’a coûtés | Coûté a un vrai COD placé avant, donc il s’accorde |
| Participe placé avant le nom | Vu les circonstances, excepté les enfants | Le participe joue le rôle d’une préposition |
| Participe placé après le nom | Les enfants exceptés, la salle est vide | Le participe s’accorde comme un adjectif |
Les verbes courir et vivre suivent la même logique que coûter : leur participe reste invariable au sens propre, et s’accorde au sens figuré. Comparer « les dix kilomètres qu’il a couru » et « les dangers qu’il a courus » montre la différence entre une mesure et un véritable complément.
Quelle méthode appliquer devant une phrase ?
Une démarche en trois questions couvre les cas courants. Elle prend quelques secondes une fois automatisée, et elle évite d’apprendre cinquante règles séparées. La méthode se lit dans l’ordre : l’auxiliaire d’abord, la nature du verbe ensuite, la place du COD pour finir.
- Quel est l’auxiliaire ? Si c’est être (hors pronominal), accorder avec le sujet.
- Le verbe est-il pronominal ? Si oui, chercher si « se » est COD ou complément indirect.
- L’auxiliaire est avoir : où est le COD ? Avant le verbe, accorder. Après ou absent, laisser invariable.
Une courte dictée de cinq lignes, lue par un camarade ou un parent, sert de test. Chaque participe passé se justifie à voix haute en nommant l’auxiliaire et la place du COD. Cette justification orale rend visibles les erreurs de méthode et pas seulement les erreurs d’inattention.
Comment s’entraîner pour ne plus oublier la règle ?
L’entraînement le plus efficace repose sur la récupération en mémoire, c’est-à-dire sur l’effort de répondre sans regarder la règle. La synthèse de la Fondation La main à la pâte (Éclairage scientifique, mai 2024) indique que ce rappel actif améliore la rétention davantage que la relecture à temps d’étude équivalent.
Un plan réaliste tient en trois séances courtes par semaine. La première consiste à écrire de mémoire les trois questions de la méthode. La deuxième consiste à accorder dix participes passés dans des phrases préparées. La troisième consiste à corriger sa dernière production écrite, par exemple une fiche de lecture, en soulignant chaque participe passé. Les techniques générales de mémorisation sont détaillées dans l’article sur la façon de retenir ce que l’on lit.
Quels exercices corrigés pour s’entraîner à accorder le participe passé ?
Dix phrases suffisent pour tester les règles : chacune demande d’identifier l’auxiliaire, de chercher le COD et de vérifier sa place. Écrire la réponse avant de lire le corrigé évite de se contenter de reconnaître la bonne forme. Les phrases couvrent être, avoir, les pronominaux et les cas invariables.
- Les lettres que j’ai (écrit) hier.
- Elles sont (parti) tôt.
- Ils se sont (lavé) les mains.
- Les mains qu’ils se sont (lavé).
- Les efforts que ce travail m’a (coûté).
- Les trois euros que ce livre a (coûté).
- Les chansons que j’ai (entendu) chanter.
- Les enfants que j’ai (vu) jouer.
- Elles se sont (téléphoné).
- Des fraises, j’en ai (mangé).
| Phrase | Réponse | Raison |
|---|---|---|
| 1 | écrites | Avoir, COD « que » (les lettres) placé avant |
| 2 | parties | Être, accord avec le sujet « elles » |
| 3 | lavé | « Se » est COI, le COD « les mains » vient après |
| 4 | lavées | Le COD « que » (les mains) est placé avant |
| 5 | coûtés | Sens figuré, vrai COD placé avant |
| 6 | coûté | Sens propre, il s’agit d’un prix |
| 7 | entendu | Les chansons ne font pas l’action de chanter |
| 8 | vus | Les enfants font l’action de jouer |
| 9 | téléphoné | « Se » est complément indirect (téléphoner à) |
| 10 | mangé | Le COD est le pronom « en » |
Questions fréquentes
Comment accorder un participe passé employé sans auxiliaire ?
Employé sans auxiliaire, le participe passé se comporte comme un adjectif et s’accorde avec le nom auquel il se rapporte. Dans « Les fenêtres fermées laissaient passer peu de bruit », « fermées » s’accorde avec « fenêtres », féminin pluriel.
Comment reconnaître un complément d’objet direct ?
Le COD répond à « qui ? » ou « quoi ? » posé après le verbe, sans préposition. Dans « Elle a lu la lettre », « elle a lu quoi ? la lettre » donne le COD. Dans « Elle a parlé à Paul », « à Paul » est un complément indirect.
Quels sont les verbes qui se conjuguent avec être ?
Une quinzaine de verbes, surtout de mouvement ou de changement d’état : aller, venir, arriver, partir, entrer, sortir, monter, descendre, naître, mourir, rester, tomber, devenir, ainsi que tous les verbes pronominaux. Quelques-uns passent à avoir quand ils reçoivent un COD.
Que faire avec « vous » de politesse ?
Le participe passé s’accorde avec la personne désignée par « vous ». Un homme qui s’adresse à une femme avec le « vous » de politesse écrit « Vous êtes arrivée ». Le pluriel n’apparaît que si plusieurs personnes sont visées.
Où vérifier un doute d’accord pendant une rédaction ?
La Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française est gratuite et organisée par difficulté, avec des exemples. Un dictionnaire de conjugaison confirme l’auxiliaire du verbe. Pour un texte scolaire, relire en justifiant chaque participe vaut mieux qu’un correcteur automatique.